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Les applications sont mortes, vive l’App Center de Facebook.

Cette semaine, je suis plutôt content de l’une des annonces faite par un géant des réseaux sociaux, et c’est assez rare pour le dire deux fois plutôt qu’une – eh, je ne suis pas un râleur. Les synergies entre les acteurs du Web culturel, petits, grands ou moyens, sont fragiles… Cette fois, il me semble qu’elle va en se renforçant, pour peu qu’on arrive à saisir l’occasion de fortement innover en partenariat avec les petites entreprises capables de réaliser les développements ad hoc.

 

L’App Center, le futur laboratoire de la créativité marketing?

Facebook a annoncé qu’il allait lancer son App Center : une révolution en soi.

En terme d’usages d’abord, il faut dire que Facebook comble un vide sur sa stratégie de développement mobile qui empêchait une communication et un engagement de marque réellement efficace. Jusqu’ici, l’expérience de la plateforme sur le Web et en mobilité n’était pas cohérente dans l’accès aux contenus. S’il ne s’agit toujours pas de mettre en place des pages fan sur les approches mobiles de Facebook, il n’y a pas de doute sur l’utilisation qui sera faite de cet App Center par les marques!

Une stratégie que j’imagine réellement payante, car au final Facebook va augmenter la qualité et la quantité de ses applications auprès des marques qui voudront profiter de la fréquentation de la plateforme sociale sur mobile – où se retrouvent plus d’usagers que le site internet. Mais cette présence ne pourra pas utiliser les termes marketing devenus des incontournables sur les RSN, puisqu’il ne s’agira pas de remplir un fil d’actualité mais de proposer une expérience de marque. Rien de bien exceptionnel, si l’on confie ça à des agences peu ambitieuses qui reproduiraient le modèle des applications Apple ou Android… Mais qu’en sera-t-il des agences qui joueront la continuité des écrans (une expérience sur l’app mobile Facebook à compléter par une expérience sur l’app du site), ou encore intégreront la puissance de l’opengraph en restant attentif à ses évolutions?

 

Facebook cesse d’être gentil?

Eh, quoi?! Facebook réalise un tournant dans son modèle et va permettre de vendre des applications. Face à l’échec d’une monétisation virtuelle, il sort donc la planche à billets. En soi, je ne trouve pas cela très choquant et il sera important de vérifier l’impact de cette nouvelle au fil du temps. On peut imaginer un démarrage en douceur, bientôt accéléré par l’habitude grandissante de télécharger et payer les applications sur l’app Center.  J’ai cependant une petite interrogation sur le nombre d’applications payantes qu’on trouvera au début sur ce store. Les relatives difficultés à créer des boutiques sur Facebook auront-elles échaudé les marketeurs, ou au contraire les auront-elles juste frustrés au point de les motiver à tenter à nouveau et rapidement de transformer les attraits du Social CRM en ROI sonnant et trébuchant? J’ai une petite idée, mais s’il est ici des lecteurs qui se trouvent dans cette catégorie, qu’ils n’hésitent pas à me dire l’avis de leurs clients ou leur propre stratégie.

 

Un géant qui donne un coup de pouce aux petits, c’est-y pas joli?!

Bien évidemment, Facebook s’est donc fait un cadeau à soi avant toute chose. Mais pour une fois, il me semble bien que celui-ci puisse profiter à beaucoup d’autres.

Car, les deux éléments d’innovation évoqués plus haut interviennent au moment où il devient de plus en plus facile de développer des web app qui valent techniquement le coup. Le HTML5, maintenant utilisé comme une base de développement y compris pour les app natives, permet de rendre vraiment attrayantes ces app qu’on voit de plus en plus apparaître sous la pression des commanditaires à petit budgets qui visent de grandes audiences. La bipolarisation du marché des smartphones succédant à l’hégémonie favorise également un esprit de mutualisation des coûts de développement qui permet de penser différemment sa stratégie technique sur mobile.

 

C’est dans ce contexte que Facebook décide de lancer une offensive disponible sur toutes les plateformes via l’un des services les plus utilisés en mobilité: un moteur de recherche. Pour ce faire, il va proposer de développer l’équivalent d’une web app. Un gros coup de projecteur sur cette technologie trop peu mise en avant qui permet de perpétuer l’esprit du Web a contrario des app.

Non content de cela, Facebook se propose de les faire payer. Et effectivement, c’est ce qui manquait en partie à l’univers de la Web app: une façon d’en protéger l’accès pour justifier un paiement. A priori cette protection sera portée par l’app de Facebook, ce qui ne pourra pas être étendu tout de suite à toutes les web app qui ne s’inscriront pas dans la plateforme. Mais peut-on espérer que cela crée des précédents dans la façon de développer et le modèle économique lié.

 

Le Web n’est peut-être pas encore tout à fait mort, alors?

Au-delà de cet espoir, on verra cependant apparaître autre chose de plus concret et de plus direct en cas de succès de cette plateforme dans sa dimension commerçante: une habitude. Laquelle? Tout simplement celle de payer pour un contenu auquel on ne peut accéder que lorsque notre écran est connecté au réseau. Allez dire ça aujourd’hui à quelqu’un qui pense déjà avoir fait un effort substantiel en achetant par exemple un e-album à 4€… Vous verrez ce qu’il va vous répondre! Mais je suis prêt à parier qu’en liant l’achat de ces apps au réseau social – qu’on n’utilise effectivement qu’en situation de connexion – la frontière aujourd’hui infranchissable va s’estomper. Certes, même aujourd’hui le Web se passe de wifi grâce au 3G, mais les app seront très vite plus gourmandes et approcheront très vite des quantités de contenus qu’on peut retrouver par exemple dans de petits guides multimédia de musée ou dans des app natives. Le modèle économique qui a fait le succès d’Apple va donc trouver son pendant dans un web vraiment mobile qui deviendra rentable en mimant le modèle de la firme à la pomme et du petit robot rondouillard.

 

Espérons également que cette évolution se fera en parallèle d’un réseau pervasif.

En tout cas, tous les éléments du scénario sont presque en place, il ne reste qu’à jouer la partie – et il est préférable qu’elle le soit de bonne manière pour que l’issue n’en soit pas un game over, try again.

 

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