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Bien utiliser la communication digitale dans le milieu culturel, #JME14

La table ronde « Bien utiliser la communication digitale dans le milieu culturel », organisée par l’association Dauphine Culture, a réuni le 12 septembre 2014 Aurore Gallarino, Responsable de la communication digitale du Centre des Monuments nationaux, Anne Le Gall, Directrice de la communication et du développement à l’Avant Seine, et initiatrice TMNlab (le laboratoire des Théâtres & Médiations numériques) qu’elle est venue présenter, et Noémie Couillard,doctorante en muséologie à l’Ecole du Louvre-Avignon-Montréal, enseignante à Lille III.
J’ai eu le plaisir d’animer la conversation entre ces trois oratrices chevronnées, qui ont sur – je crois – apporter au public des points de vue précis mais accessibles. Je tente ici d’en retranscrire les propos que vous pourrez retrouver également dans les actes du colloque des Journées du Management Culturel.

Digital ou numérique ?

Dès les présentations, Aurore annonce son activité comme ressortissant officiellement d’une cellule « digitale », responsable d’une approche éditoriale, là où la cellule « numérique » du CMN s’occupe des systèmes informatiques. Le vocabulaire a son importance, puisqu’en effet ces deux termes viennent d’horizons différents et représentent bien la pluralité en France des métiers du numérique en rapport avec les publics, coincés entre les approches marketing, de médiation, et d’interfaces techniques. Noémie souligne à ce propos que le métier de Community Manager (CM) n’est pas homogène, qu’il est en pleine structuration : dans de nombreux établissements, des agents qui n’en ont pas le titre en ont les fonctions. C’est une activité diffuse, qui fait d’ailleurs dire à nos trois oratrices que le Community Management (CMnt) n’est pas l’apanage d’une personne mais doit être décentralisé au sein de la structure. Anne souligne que cela est d’autant plus vrai dans les lieux de spectacles vivants, où une part importante des professionnels est déjà en contact direct avec les publics. Aurore souligne d’ailleurs que son pôle digital s’occupe de la marque CMN, mais que les agents dans les monuments sont les plus aptes à parler et à mettre en valeur leurs contenus, qu’elle exploite pour une seconde vie (numérique) ensuite.

L’humain et l’entropie au centre.

D’un commun accord, il est dit que la spécificité du numérique entraîne des changements dans ces pratiques préexistantes de contact aux publics. Interrogées sur cet aspect, les trois oratrices semblent cependant s’intéresser principalement au versant communication de cette réalité, en expliquant que les craintes d’un bad buzz, par exemple, ne sont que rarement justifiées – Noémie ajoute à la suite d’Anne qu’il y a une autorégulation des internautes. Cette importance de l’internaute dans l’équilibre de la communauté semble parfois mis à mal quand les envies de personnal branding des chefs d’établissement viennent interférer avec le travail du CM : Aurore souligne que la présence d’un chef d’établissement est aussi un élément à prendre en compte, puisque celui-ci est susceptible de prendre la parole au nom de l’établissement et donc de venir perturber la communication de celui-ci. Les oratrices s’accordent alors à nouveau sur le besoin de formation qui existe pour le métier, afin de bien maîtriser les outils en relation avec les objectifs d’établissement. En outre, le CM doit en effet anticiper les réactions des internautes, afin notamment de ne pas éviter les sujets sensibles comme le souligne Aurore qui avoue avoir un rôle d’avertisseur auprès de sa hiérarchie mais aussi de ses collègues programmateurs. Les peurs de la hiérarchie quant à la nuisance possible issue des Réseaux Sociaux Numériques (RSN) sont rarement justifiée : Anne affirme que la plus grande partie des éléments négatifs se cantonnent aux critiques de spectacles, engendrant le dialogue entre les protagonistes sur les RSN et Noémie ajoute que le CMnt a principalement pour rôle de recruter de nouveaux publics.

Sur quoi repose une communauté ?

Ainsi, la question de l’engagement se pose : à partir de quand un internaute devient membre de la communauté ? Que veut dire s’engager auprès d’un établissements, d’un contenu ? Nos oratrices montrent que les publics numériques des institutions et leurs communautés sont dépendants du territoire en grande partie, mais aussi de l’activité. Il n’y pas de recette miracle ! Il faut donc pouvoir structurer sa stratégie sur les études des publics physiques : Anne souligne que dans les théâtres parisiens, la relation avec le public est moins concrète que dans son théâtre actuel où l’inscription dans la vie du territoire compte beaucoup, engendrant une stratégie intimiste autour de la monstration et du dévoilement des coulisses, par exemple. Ces stratégies de personnalisation se retrouvent aussi dans les institutions patrimoniales, comme au musée Saint Raymond de Toulouse où les personnels compétents d’un domaine répondent directement aux questions via des profils identifiés. Une pratique de la personnalisation qui a aussi un autre versant : celui de l’événementiel, souvent soutenu par une agence de communication venue mettre en place le projet, comme pour le projet #AuPanthéon du CMN, mis en place avec une petite agence faute d’un budget plus conséquent.

Un CM, ça bosse vraiment ?

Si cet externalisation permet au domaine patrimonial de prendre en charge des pratiques dont il n’a pas la maîtrise, elle est quasiment structurelle aux lieux de spectacles vivants, comme nous l’explique Anne : en effet, ceux-ci n’ont que peu de temps pour s’approprier et prendre en charge des spectacles qui sont joués sur quelques jours au maximum et sont donc très dépendants des contenus produits par les compagnies elles-mêmes.
D’autres contingences matérielles président à la structuration de l’action de communication numérique ; Aurore donne l’exemple du CM, qui peut intégrer une partie de l’activité de CMnt propre à la programmation : l’agent en charge de l’alimentation de ces informations sur le site les édite également pour les RSN, créant ainsi de la cohérence entre les plateformes. Ces réalités opérationnelles et RH font que la stratégie semble absente des plus petits établissements où le travail est donc moins segmenté – pour Noémie, il s’agit d’une stratégie par à-coups. Nos oratrices soulignent le fait que la stratégie de nombreux établissements est encore une question de pratiques des personnes en interne, de manière quasi individuelle et personnelle parfois.

Vieilles recettes, nouveaux pots et économat.

Cette question humaine est donc au cœur des organisations, mais également des publics. Les espaces numériques, prolongation de l’activité physique, doivent participer de l’expérience utilisateur. Anne cite le théâtre d’Alençon, qui utilisera bientôt une webcam pour créer des rencontres entre le public et les artistes… voire le non-public, puisque cet échange via le canal numérique se fera dans un bar à plusieurs kilomètres de la scène !
Cette table ronde est donc l’occasion de constater que des recettes traditionnelles du numérique ou de la médiation sont encore appliquées avec grand espoir. C’est l’une des missions du TMNlab que de tenter de (re)penser le numérique dans ces lieux – Anne nous explique par exemple que la question de la diffusion en direct peut être remplacée par la diffusion de captations plus anciennes, le direct n’apportant rien que des coûts supplémentaires qui peuvent être avantageusement réinvestis sur la qualité de la captation. Ces équilibres économiques posent d’ailleurs la question des partenaires : lorsqu’un théâtre tente de mettre en place une interface numérique innovante pour la retransmission d’un de ses spectacles, il doit le faire en collaboration avec un média plus puissant, et donc en déséquilibre et sur une programmation plus grand public.
En quelque sorte, cette question de la captation des spectacles rapproche ce domaine de celui du patrimoine et des politiques du Ministère de la Culture et de la Communication dans le domaine patrimonial, longtemps tournées vers la numérisation – avant qu’une orientation supplémentaire autour de l’ouverture des données n’ait été donnée. Le théâtre est moins représenté par cette numérisation et cette archive que la danse, selon Anne, à cause du dispositif même basé sur la parole. Là encore, la spécificité du contenu semble venir en contradiction de volontés plus larges. Mais comme pour les politiques mises en œuvre dans le domaine patrimonial, les mêmes craintes reviennent : la numérisation pourtant ne vide pas les salles ! La comparaison n’est pas possible avec le secteur de l’industrie musicale qui a trouvé sa rentabilité dans le live, mais des éléments d’expérience commune sont nombreux.
Dans le domaine patrimonial, on constate certes que l’audience progresse surtout pour les expositions blockbuster, mais il semble acquis selon les études que l’usage des éléments de patrimoine numérisé se fait surtout dans l’avant-visite, en préparation de celle-ci, et non au détriment de la visite des collections permanentes et des fonds. Aurore souligne également que la numérisation peut donner accès à un patrimoine caché ou fragilisé par son exposition (elle cite la Grotte de Font de Gaume, dont la fermeture au public pourrait intervenir pour sa conservation), pour faire découvrir ou encore donner envie au public. Noémie rebondit en revenant sur la distinction des métiers, entre communication et médiation numériques : impossible selon elle de distinguer ! La spécificité de l’outil numérique serait donc de rendre cohérent des fonctions qui hier étaient séparées de manière un peu artificielle y compris dans les espaces physiques. C’est le grand rêve de la transversalité qui pointe son nez…

Prenons la mesure de la révolution…

Cependant, ces changements apportés par le numérique ne semblent pas pour le moment s’inscrire dans une dynamique de fond. Ou peut-être est-ce car on ne sait pas quantifier ces évolutions et leurs impacts ? Pour Aurore, c’est justement un horizon vers lequel le CMnt ne doit pas regarder : il faut selon elle garder « la relation au cœur du numérique ». Ce disant, il semble qu’elle pense surtout aux questions de l’audience, qui obsède certaines hiérarchies à tort. La valeur de l’activité sur les RSN est ailleurs – cette relation humaine avec les internautes se double de la relation humaine au sein de la structure et du plaisir des équipes à diversifier leurs pratiques. De nouveau, les oratrices semblent plaider pour cette transversalité… Et peut-être une envie que le secteur ne se professionnalise pas trop ? Anne, cependant, insiste sur la nécessaire évaluation, pour une raison très pragmatique : les actions sur les RSN sont très chronophages, il faut donc pouvoir mesurer et gérer l’investissement qui y est réalisé. Le retour sur investissement (ROI) se fait également quant au nombre de visiteurs en salles issus des RSN, mais aucun outil n’existe vraiment, à l’instar des affiches et des supports traditionnels de communication. Le tracking de billetterie est certes une piste, mais encore trop faible car le processus d’achat peut parfois être très long et de manière non linéaire dans le secteur culturel.

Questions de la salle.

Quand la salle prend la parole, c’est la question du ROI qui est tout de suite débattue, de manière pragmatique : quelle suite donnée au sondage mené par le CMN cet été ? Aurore répond que l’adhésion ou le rejet de certains éléments par les internautes est tout de suite pris en compte – l’investissement dans la création d’une communauté numérique permet donc de mieux inclure le retour des publics.
La question du lien entre les interfaces est ensuite posée : des contenus sont-ils distincts ? Comment l’internaute ou le visiteur passe-t-il d’un support à l’autre ? Pour Anne, le supports ont leur fonction propre : le site donne l’information plus institutionnelle, quand les RSN se basent sur ces mêmes contenus mais avec des points de vue différents. Tout cela doit participer d’un référencement global des activités des institutions dans les moteurs de recherche.
Qui dit interactions entre les plateformes, dit chronologie des contenus!Aurore cite alors les pratiques transmédia, mais explique tout de suite les contraintes liées à l’évolution des contenus même dans les métiers du patrimoine. La chronologie des événement live et in situ est également à prendre en compte – il s’agit de jongler entre les temps longs et les temps courts, et des contenus à mettre en avant selon une éditorialisation parfois complexe.
Enfin, une dernière question porte sur l’application de la pratique des RSN dans les PME : comment prouver que tout ceci est efficace ? Aurore explique qu’il y a un besoin d’évangélisation, de simplement montrer à ses collègues l’impact concret en termes humains. Il ne faut pas oublier non plus que la mesure de l’impact doit être pensée dès la construction d’un projet : en effet, pour chaque objectif fixé il faut déterminer dès le départ l’analytique qui permettra de mesurer la réussite de celui-ci. Enfin, Anne précise que l’analyse de l’existant et simplement le rapport – façon revue de presse – de l’activité des réseaux sociaux est une marque intéressante de l’intérêt des RSN.

Merci pour leur LT à Margaux Abatecola ‏(@mrgx_), Laure Pressac (‏@LaurePressac) et Gilles Duffau ‏(@gillesduffau) qui m’a aidé à préparer ce compte rendu – support bien utile pour me remémorer ce que mes notes-patte-de-chien-non-numériques signifiaient.

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A personnal point of view on #MuseumWeek

A few weeks ago, European #MuseumWeek took place on Twitter. #MuseumWeek was 7 different themes developed during 7 days, about Museums, heritage, works of art, the public and points of view about culture and uses. It was a private initiative from Twitter, lead by 12 Parisians museums and joined by many other French museums. At first, the project was a French one, but some days before the beginning, Spanish, Italian and British cultural institutions joined #MuseumWeek. France had 7 themes, and other European countries had 7 other themes, not always linked during the same day.

For more practical information, you can read this blog post from Twitter (here in French, and here in English).

My article will expose some of my point of view, but obviously a whole analysis takes a a much longer article. So I will highlight key issues.

 

How we can work, and what we can do ?

The context of the week was really difficult. Twitter contacted some Parisians museums a few weeks before the operation, and we had a very short time to prepare 7 days of content!

For a long time, I have wanted to write something about “why heritage institutions are not start-ups,” but I haven’t had the time to do that yet… but this #MuseumWeek episode is a perfect example of issues that cause this different of corporate culture. So: if agencies can work in a very short time on iterative projects, museums have a harder time. We need to work with several colleagues from the institution: curators, mediator, press officer, top management… It takes time. It takes a long time. It takes too much time… but it necessary because an institution is an opinion leader in some way, an official voice and not just the voice of the Community Manager, for example.

We have also some issues with content: at Centre Pompidou, we need to secure rights to use each picture. And, guess what? That takes time, too! And money.

 

In addition to these usual issues, we had to deal with particular issues for this #MuseumWeek. 7 hashtags for 7 themes are all a challenge: how can we match those with Centre Pompidou’s strategy and content?

#LoveMW was very tough! We didn’t use to share with our public just sensitive approach : we decided upon #LoveMW to create more engagement and thinking about art. So, we won’t just ask: “what do you love?” Of course, it’s important information to collect. But, during a long day? Hum… I’m not sure. So we decided to program a kind of FlashMob on the Piazza in front of Centre Pompidou, drawing hearts on the floor and inviting people to do selfies and express with creativity their love of our museum.

Two other examples: during the first day, we called upon people from Centre Pompidou community to a livetweet into the backstage. It was a way to involve them, and not just reproduce the goal of #JourDeFermeture (a French hashtag showing the backstage, too!). And for the last day, dedicated to visitor creativity, we ask them to create a cadavre exquis just on Twitter.

 

A huge opportunity for museums ?

First I was very suspicious about this week. I said that to Twitter France and colleagues from others museums.  I for example asked, from a public institution, why we have to work to a private project without any return on (time) investment. Or if we want to work on a such big project with the ministry… but nobody heard me.

 

My point is : of course, we can work for a private company such as Twitter; Centre Pompidou creates the main part of his social strategy on this social media for the moment. It’s obviously a good point for innovation to mix different points of view doing that. However we have to keep in mind that Twitter and others can live with two different things: data and content. Data is provided by people using content, and content is provided by users. And who are users? People, of course, with the User Generated Content (UGC), and brands or institutions such as museums that managed some UGC, too.

Obviously, if Twitter asked museums to create content during a looooooong week, there is a return on investment: they maybe will use analysis on the flow of data, interactions, and so one. Of course, I don’t know if they are able to do that, but indeed is not very important to me. (French) public cultural institutions have to understand that the further economic model of the cultural field needs to be consistent with the global digital economy. And, this economy will be based on content, data, and the analysis of these two things, won’t it?

So, public cultural institutions can offer these things to Twitter, I repeat it again: this is not the problem. But, what does Twitter offer to them in return?

 

There are some results, aren’t there?

This week happened in the end of March. Now, it’s time for results!

For Centre Pompidou, we did a not-so-enthusiastic analysis : we won audience, but not much more than a usual week. We created more interactions, that’s obvious, because the attention about culture had really increased and that is interesting. But we can see that the new audience wasn’t engaged on the content in the long term. Analysis from a searcher (Antoine Courtin) seems to show that the #Museogeeks community in France was a very large part of the audience during this week. Can we say this week was a corporate week? Is it really a good idea to engage new audiences or to work on better defining ones already engaged, and engage them more? We have to think that to invest the right time and effort to reach known goals.

But, talking with colleagues about #MuseumWeek during a meeting of #Cmmin (a French community of heritage community manager, initiated by Florence Vielfaure from French Ministry of Culture), points of view are pretty different. Some of smaller institutions had better audience results, and I understood that the effort of Centre Pompidou being a part of this operation is not just good for itself but for the heritage community! And that’s the more interesting reason to be part of it, in my opinion. We need to create a user experience of heritage on social media, and this kind of week is an important step to do this.

Now, we have to work on modalities to touch the right public!

#WikiCP : how this partnership between Centre Pompidou and wikimedia France works

Two weeks ago, Centre Pompidou and Wikimedia France signed a new partnership: it’s the next step of a former project begun in 2011. This first test was completely different because it involved a small number of participants, art works and workshops. But the project succeeded: 4 articles were created with the infobox – this formal part of the page is important, because it allows the exchange of data and includes these on the semantic web.

There was a long time between this former project and the new one. The digital staff of Centre Pompidou was busy, working on the launch of this new website. But now, it works and it’s a huge project!

The partnership is designed with two principle goals: the first is the creation of articles on Wikipedia, and the second is the building of the Centre Pompidou community. To reach it, the partnership has 3 parts:

The technological aspect

This first part has not started yet. Wikimedia and Centre Pompidou will be able to create links between the two websites. This part will be facilitated by the Dbpedia project of Wikimedia France, which allows the data of Wikipedia to be crawled by other websites, like the one of Centre Pompidou for example. But to use the data of the free encyclopedia, Centre Pompidou has to study the viability of the process, quality of data, and a lot of others things. It’s not so easy for an institution which includes a museum known for scientific excellency to accept this kind of crowdsourced data and information. So Centre Pompidou will launch this technological aspect when the two others have ended.

We have to notice that contemporary art is not the best treated theme on Wikipedia: the project is to improve it. So, it’s necessary to work on this before using data on the Centre Pompidou websiteof course: that’s the purpose of the second part of the project!

The workshops

This second part is actually divided into three parts.

  • First, there are workshops for audience. 20 workshops of 2 hours are planned, with classes about the interface and spirit of the free encyclopedia, and classes about the writing of contemporary art texts dedicated to audience. There will be a lot of visits with curators and documentation prepared by librarians from Bibliothèque Publique d’Information and Bibliothèque Kandinsky. The program is as important as a university cursus but each participant can personalize it, picking up classes from his needs. They will also choose the subject of the article from a large list of works of art from Centre Pompidou collection.

    The first goal is to write 50 articles on Wikipedia, including 2 “good articles”, and 2 “quality articles”. The second goal is to observe the dynamic of the group, the involvement of each participant, and how it’s possible to make quality contributors from basic public.

  • Second, there are workshops for Centre Pompidou professionals. They will be focused on different forms of publishing, including digital publishing. The group will ask a lot of questions with case studies: what is the impact of collaboration on publishing? Is it possible to use creative commons and other free licenses on the publishing activity, even on paper? Can we imagine a new business model for publishing while the business model for the Internet is beginning to be dominant?

  • And a last part was added recently, to compare the first kind of workshops with more traditional ones. It will involve researchers linked to Bibliothèque Kandinsky, the library of the museum for people with accreditation. It will be composed of just 5 longer workshops, including a short moment of learning of the interface like in the others. The subject of articles will be 10 former Centre Pompidou exhibitions. So these last 5 workshops will be more strictly framed and composed by professionals or future professionals, so it will be very interesting to compare dynamics of collaboration during these workshops.

The Conferences.

Workshops are a very important part of the project, but another one is conferences : they are important steps in the project! Each conference is composed of two moments: the first is a balance sheet of workshops, and the second is a theorical approach to the theme. For example, the second conference will be about publishing and will begin showing the results of the professional workshops. After, 3 specialists from the the publishing industry will debate on a round table.

The first conference, last week, was about digital labour and Louise Merzeau (professor at Paris X University), Antonio Casilli (Professor at ParisTech) and Henri Verdier (director of Etalab) debated about changes and benefits of the collaborative work for cultural institutions.

The last conference will be about the “digital forgotten”, to ask if an institution dedicated to preservation and curation can use the Internet to reach it’s goals.

Conferences are a way to interrogate the new and massive adoption of collaborative projects. It’s particularly important in France, when culture is still a part of the legitimate and dominant class, instead of temptatives of democratization.

As the architect of this project…

I’m really proud that Alain Seban, President of Centre Pompidou, encourages it. It’s a part of the idea of a digital Centre Pompidou, an area where publics can find personalized information about art, at any moment. This digital Centre Pompidou will include different interfaces, like the web site, the future app, digital and social networks and so on. The project is an important step in involving publics in the production of contents and in creating a polyphonic area, where the voice of the museum will be added to the voices of users. It will be an area with different points of view where anyone could find any information, fitted to his needs and his abilities to understand any kind of language.

There are a lot of things to say about it yet, but I think the most important is to know how significant the opening of such an institution, is considering the work of non-professionals and even art lovers.

Le Community Manager est-il toujours une bête politique ?

Il y a encore des gens pour se poser la question du rôle du Community Manager… Et tant mieux ! Car si celle-ci est un peu passée de mode, force est de constater qu’elle est toujours d’actualité et que, surtout, elle n’a pas été correctement traitée.
Car enfin, que le Community Manager s’occupe de la marque, crée de l’engagement, réponde aux exigences techniques des plateformes sociales, effectue une veille numérique, traduise la stratégie de la marque sur les platerformes externes, élargisse le public ou la clientèle, serve de SAV,… bref, quelles que soient les missions, les vertus ou les quelques défauts qu’on lui accorde, le Community Manager n’est à mon sens pas suffisamment vu comme l’agitateur politique d’une communauté qu’il ne contrôle pas. Je vais tenter de m’en expliquer ici, en prenant particulièrement en compte le contexte des CM travaillant dans le milieu culturel bien que la réflexion puisse déborder ce cadre.

Des douze petits travaux aux grandes perspectives.

Si cette approche vous parait ambiguë ou idéologique (ouais, je suis sûr que certains le pensent), je vais partir d’un des rôles qu’on attribue classiquement au CM dans ce contexte : celui de curateur de contenus. Bon, je suis sûr que vous n’avez rien à redire là-dessus, car dans la bataille féroce que les institutions mènent dans le contexte d’une économie de l’attention sur-sollicitée, il est sûr que le Community Manager est sans aucun doute une arme efficace pour donner du sens et prioriser l’infobésité ambiante.
Mais déjà un présupposé essentiel de l’action du Community Manager dans ce rôle apparait : l’abolition du dispositif spectaculaire que représente la scénographie muséale (Eh, quoi ? Qu’elle soit plus ou moins interactive, avouez qu’une scénographie vous enjoint rarement à tâter du marbre des sculptures antiques – faites sans imprimantes 3D – ou manipuler d’antédiluviens gramophones – l’iPod de l’époque… Il s’agit donc bien d’une mise à distance du visiteur, d’un dispositif du spectacle). Or, justement, même si le mouvement est encore trop peu présent dans nos médias culturels numériques, cette manipulation devient un enjeu important : depuis le zoom, niveau primaire et nécessaire qu’on retrouve souvent sur tablette (la RMN a montré l’exemple), jusqu’au studio de création (le RijksMuseum en fait une démonstration tonitruante), en passant par l’accessibilité des données (pensons à la BNF), le mouvement d’une disponibilité numérique de l’œuvre est en marche.

Et sur ce point, permettez-moi de citer Jacques Rancière, pour faire un parallèle entre ce mouvement de disponibilité numérique non spectaculaire des données et ressources culturelles, et la réforme du théâtre dont il explique le rôle dans Le Spectateur émancipé à travers l’exemple de la performance notamment :

« Car le refus de la médiation, le refus d’un tiers, c’est l’affirmation d’une essence communautaire du théâtre comme tel. Moins le dramaturge sait ce qu’il veut que fasse le collectif des spectateurs, plus il sait qu’ils doivent en tout cas agir comme un collectif, transformer leur agrégation en communauté. »

Rancière propose ici un rapport entre le producteur de contenu (ici, l’artiste même, sans médiation donc, mais aussi sans industrie de par la nature du théâtre d’une part, mais aussi la casse du dispositif spectaculaire lui-même) et sa réception. Pour ce qui est de la libération de la donnée culturelle, on ne pourra pas dire qu’il existe un grand dessein commun, n’est-ce pas ? Ce n’est ni Etalab, ni l’Acte II de l’exception culturelle ni enfin Hadopi qui nous aurons donné des axes de travail.

Le rapport d’appropriation dont parle Rancière se fait dans la collectivité de la réaction à l’œuvre, dans un dessein qui s’agence socialement par la proximité des corps. Si on en revient sur la création d’un public de manière classique, on peut rapprocher cet effet de proximité de ce que le Community Management vient aider à la création d’un public dans l’espace numérique – un espace qui semble moins propre en premier lieu à lier les corps.

 

Les publics ? Ils sont légions !

Un peu plus loin dans le même texte, on peut lire ceci à propos de la différence entre la capacité du théâtre à être communautaire face à celle de la télévision à l’être, par exemple :

« Ce quelque chose, je crois, est seulement la présupposition que le théâtre est communautaire par lui-même. Cette présupposition continue à devancer la performance théâtrale et à anticiper ses effets. Mais dans un théâtre, devant une performance, tout comme dans un musée, une école ou une rue, il n’y a jamais que des individus qui tracent leur propre chemin dans la forêt des choses, des actes et des signes qui leur font face ou les entourent. Le pouvoir commun aux spectateurs ne tient pas à leur qualité de membre d’un corps collectif ou à quelque forme spécifique d’interactivité. C’est le pouvoir qu’a chacun ou chacune de traduire à sa manière ce qu’il ou elle perçoit, de le lier à l’aventure intellectuelle singulière qui les rend semblables à tout autre pour autant que cette aventure ne ressemble à aucune autre. Ce pouvoir commun de l’égalité des intelligences lie des individus, leur fait échanger leurs aventures intellectuelles, pour autant qu’il les tient séparés les uns des autres, également capables d’utiliser le pouvoir de tous pour tracer leur chemin propre. Ce que nos performances vérifient […] n’est pas notre participation à un pouvoir incarné dans la communauté. C’est la capacité des anonymes, la capacité qui fait chacun(e) égal(e) à tout(e) autre. »

L’ultime référence se rapporte de manière très intéressante à l’espace numérique, où l’anonyme est celui d’à-côté, de distant et d’insaisissable, tant que le Community Manager ne l’a pas rapproché, ne nous l’a pas fait connaître (ou qu’on le connaisse déjà par ailleurs). Sur les RSN comme dans la vie, c’est finalement assez rarement qu’on va aborder celui qui a liké le tableau ou qui se délecte visiblement de sa contemplation en visitant l’exposition.

Le rôle du Community Manager n’est pas que d’animer la communauté. Cette animation a un rôle certain, au niveau de la marque, de la médiation, etc., je ne reviens pas dessus. Mais elle a surtout le rôle d’un dispositif spectaculaire : elle crée de l’émotion ou de la réaction commune et aura par là tendance à créer des liens interpersonnels que la distance numérique aurait empêché (osé-je dire la « solitude numérique », pour reprendre Wolton, sans y croire totalement ?). Le CM d’institution culturelle est donc un ciment communautaire, mais au fond pas de sa propre communauté. Il est le ciment d’une communauté qui le dépasse autant qu’elle peut dépasser sa propre institution, et pourquoi pas un jour carrément la déborder. C’est pourquoi le CM doit pouvoir également se sortir de sa propre communauté pour aller voir ce monstre qu’il a créé (Elle n’existera que s’il est bon dans la création de ce dispositif spectaculaire ! Sinon, rien ne ressortira du magma informe des sensations et réactions trop hétérogènes qui n’auront jamais réussi à créer des réactions quelconques).

Avouons que la création d’une telle communauté est difficile, surtout pour un CM qui travaillerait avec des matériaux très hétérogènes, ou encore des matériaux documentaires, etc. le CM devra avoir des approches logiques pour toucher au sensible – j’avoue que la mise en œuvre de ce projet me donne moi-même le vertige. C’est pourquoi l’on constate que pour mettre le pied à l’étrier, le CM aura souvent recours à l’expédient facile mais efficace de réunir physiquement les gens et de les faire boire (quand il le peut). Parfois, il les mettra aussi en contact avec les contenus qu’il est sensé mettre en avant et attendra de la puissance esthétique du travail présenté dans le cadre d’une scénographie dont il n’est nullement responsable, de l’évocation historique, de la force sociale des avatars culturels, qu’ils fassent leur effet sur ce petit monde rassemblé dans cet autre dispositif spectaculaire qu’est le musée.

Dans CM, il y a peut-être Média..

Ce n’est pas pour rien que les musées à l’heure du numérique ont un devenir média si fort ! Car le média est un dispositif spectaculaire qui cherche à recréer l’espace théâtral, l’espace initial du public qu’on retrouvait aussi il y a quelques siècles dans la lecture communautaire du journal. Que les médias aient ou non réussi à cet exercice est une question fondamentale, qui nous renvoie aux expériences de la TV connectée et… du Community Management ! Car, le devenir média de l’institution culturelle n’est pas celui d’un ORTF ou d’un quotidien dont les tirages s’effondrent : il est bien le devenir média-connecté, inscrit dans des flux nouveaux et des approches pervasives, où la culture irrigue le quotidien de nos vies (ah, avant-gardistes, voyez ce que le monde est (re)devenu !) et où l’on pêchera les quelques objets qui nous intéressent au moment où nous en aurons l’envie. Et si le CM peut réaliser une part de la curation nécessaire à la compréhension de ce flot, ce n’est là qu’une part infime de son travail dont la partie principale mais souvent encore ignorée est de produire un public (ou d’ailleurs une multiplicité de cette unité active qu’on appelle « public » au singulier et qui se différencie « des publics » segmentés de la médiation). Parfois, la création de ce public se fait sans le Deus Ex Machina du CM, mais alors il s’agit sans nul doute d’un élément exogène aux RSN qui y entre par la puissance de sa déflagration et vient, de lui-même, produire la réaction, le choc dont je parlais plus haut, qui crée le public. S’il peut être esthétique, il peut aussi être purement politique, comme on l’a vu au moment des révolutions du printemps arabe.

Concrètement, quels dispositifs numériques pour nos musées ?

En Octobre 2012, j’étais invité par Museimpresa à donner une conférence dans la banlieue de Véronne. L’association des musées et archives d’entreprises voulaient avoir un point de vue global sur la façon dont le numérique pouvait changer la valorisation du patrimoine.

Je publie ici la dernière partie de mon texte (la première partie est à voir ici et la seconde là) Elle donne un exemple du parcours utilisateur possible dans une institution culturelle qui aurait mis en place une logique d’écosystème numérique.

 

Pour termine cette intervention, j’aimerais à présent vous parler un peu plus concrètement de ce qu’on peut mettre en place dès à présent. Nous avons en effet vu l’importance de la stratégie, les différentes façons de mener un projet numérique structurant et les potentiels des cultures numériques dans un environnement global de la culture qui tend à profondément se bouleverser.

Mais, que permet donc le numérique dès à présent ?

Prenons le cas d’école d’une visite dans un musée par deux garçons que nous nommerons pour les besoins de l’exercice Antoine et Sébastien. Je vais vous montrer comment une expérience si banale peut s’enrichir grâce à quelques concepts numériques possibles dès aujourd’hui. Certains sont des projets encore un peu couteux, d’autres se réalisent à moindre frais, mais il y a un fil rouge de cette histoire : elle ne peut être réalisée que si le numérique est pensé de manière stratégique et globale.

Sébastien s’ennuie. Il navigue sur son smartphone et va chercher une activité nouvelle. Il cherche alors dans la boutique virtuelle de son smartphone une nouvelle application et inscrit au hasard le mot « enquête » dans le moteur de recherche – il vient de regarder Les Experts en VOD. Il télécharge alors une application qui lui promet de « vivre une expérience artistique en plein air ».

Il ouvre l’application et commence à se plonger dans l’histoire dans laquelle un peintre est assassiné. Très vite, il est amené à se déplacer dans la ville car l’application lui demande de chercher des indices sur un lieu précis. Arrivé sur place, l’application lui suggère de filmer en temps réel autour de lui et tout à coup, il voit apparaitre sur l’écran de son appareil des photographies d’archive se superposant à l’image réelle captée par le prisme de l’appareil photo de son smartphone. Il s’agit de photographies de l’atelier de l’artiste, maintenant détruit. Si le lieu n’existe plus, Sébastien peut appréhender le quartier et son ambiance… C’est ce qu’on appelle une expérience de réalité augmentée : des documents numériques viennent enrichir une expérience sensible.

Mais d’où provient la photographie d’archive qui s’affiche sur son écran ? Tout simplement d’un fonds d’archives d’un musée ! Pourtant, l’éditeur de l’application n’est pas ce musée (il y a d’ailleurs fort à parier que Sébastien n’aurait jamais téléchargé cette application si elle venait d’un musée : il cherchait juste à s’amuser). Cela peut être possible lorsque le musée participe du web de données et libère ses ressources. Il s’agit de permettre la création de nouvelles expériences autour de contenus mis à dispositions de start up qui créent des applications innovantes, par exemple. Cette démarche a eu pour intérêt dans notre cas de faire connaître un artiste et son atelier à quelqu’un qui ne cherchait pas d’expérience culturelle.

Pensant à son ami Antoine qui pourrait être intéressé par ces informations, Sébastien envoie un twitte via l’application en utilisant la fonction « Partager sur les réseaux sociaux ». Un message préenregistré du type « Découvrez l’atelier d’un artiste majeur du XXe siècle grâce aux archives du musée @artModerne {LIEN} » lui est alors proposé. Par flemme, il ajoute juste le nom de son ami au message, sans supprimer le lien qui renvoie vers une page présentant une reproduction de la photographie qu’il a vue. Profitant d’avoir été cité dans le message, le musée répond à Sébastien et Antoine en leur envoyant le lien de l’exposition du moment. Après quelques échanges, Antoine décide d’aller voir l’exposition. Il s’agit ici d’investir les réseaux sociaux et d’y effectuer une conversation numérique, qui conduira dans de nombreux cas à une visite virtuelle d’un contenu voire à une visite physique. Cette conversation numérique va permettre d’augmenter la notoriété de la « marque musée », créer une présence sur les réseaux de ses contenus, participer du partage et finalement des logiques de recommandations sociales entre usagers des réseaux sociaux : c’est Sébastien qui avait consulté le contenu numérique, mais c’est finalement Antoine qui vient au musée.

Arrivé sur place, le garçon constate que l’exposition a du succès puisqu’une longue file d’attente s’étire sur toute la longueur du long hall d’accueil. Mais Antoine repère un écran qui capte son attention et finalement il consulte une bande annonce d’une minute présentant l’exposition et les œuvres. A la fin de cette bande annonce, un QR code apparait et propose de télécharger l’application du musée : il saisit son smartphone et flashe le code. Dans l’application, il découvre quatre des œuvres majeures de l’exposition : il apprend leur contexte, les détails qui ont fait leur valeur dans l’histoire de l’art, leur signification et quelques autres termes qu’il se fera plus tard un plaisir de twitter pendant sa visite, comme s’il les avait toujours connus. Très vite, il découvre aussi que l’application lui permet d’acheter des billets en ligne : autant de temps de gagné car il change de fil pour accéder à l’exposition directement ! Ici, c’est l’idée que le numérique peut aider à la gestion du lieu physique. En proposant des contenus numériques, le visiteur peut être détourné de taches fastidieuses qui peuvent lui laisser une impression amère : ici, plutôt que d’attendre, le visiteur est amené à préparer sa visite. Dans l’exposition, son regard se portera vers les détails qui lui ont été signifiés, réalisant ainsi un acte de médiation supplémentaire. On voit aussi des logiques de m-commerce, qui peuvent s’appliquer à d’autres éléments que les billets d’entrée : imaginons par exemple que le musée ait voulu commercialiser un documentaire sous la forme vidéo à la demande, qu’Antoine aurait pu consulter dans les transports qui le ramèneront chez lui…

Imaginons que ce ne soit justement pas le cas de notre musée fictif : Antoine aurait pu s’en plaindre sur les réseaux sociaux et là encore, le community manager du musée l’aurait repéré. Intéressé par cette doléance, il aurait pu la faire remonter au directeur chargé de la médiation pour qu’un projet de production de vidéos à la demande soit étudié. Mais je vais m’arrêter là, car ce que je commence à décrire ici c’est tout simplement ce dont je vous ai parlé au début : la façon dont le pouvoir des visiteurs, des internautes, des citoyens, peut remonter depuis la base vers le sommet et influencer des pratiques institutionnelles… pour peu que les structures culturelles se donnent la peine de penser une stratégie qui rende toutes ces expériences possibles !

Avant de vous quitter, je voudrais ajouter une dernière chose : c’est qu’il faut évaluer les dispositifs numériques, sans cesse voir s’ils sont conformes aux attentes des publics. Dans mon exemple, on voit bien qu’Antoine attendait autre chose de l’application (qu’elle lui permette d’accès à des vidéos en VOD). Si notre musée fictif a réussi à capter sa proposition sur les réseaux sociaux, il aurait pu aussi mettre en place une structure observant le comportement des usagers via des statistiques de consultation des ressources présentes dans l’application et constater que la bande annonce était très consultée…

 

 

 Courte conclusion de la conférence

Évaluation, expérimentation, stratégie. Voici au fond trois mots qui décrivent assez bien les démarches des cultures numériques dans la culture. La démarche stratégique vous permettra de coller avec les buts fixés par le projet d’établissement ou à l’environnement global de la culture.. L’expérimentation vous permettra de mettre en place des projets sans risque, et l’évaluation de ceux-ci vous autorisera à les agencer puis à les déployer à plus grande ampleur.

Le numérique, c’est simple comme trois mots.

 

 

Ce texte conclue la série de trois articles reprenant ma présentation pour Museimpres. la première partie est à voir ici et la seconde là.

L’itération ou la grand-messe ? Questions de stratégies numériques.

En Octobre 2012, j’étais invité par Museimpresa à donner une conférence dans la banlieue de Véronne. L’association des musées et archives d’entreprises voulaient avoir un point de vue global sur la façon dont le numérique pouvait changer la valorisation du patrimoine.

Je publie ici la première partie de mon texte (la première partie est à voir ici) Elle traite des façons dont les deux types de stratégies opposées que sont l’itération et la stratégie hiérarchique peuvent s’enrichir l’une l’autre.

 

Le monde du numérique représente encore un monde où tout est possible. Il est assez fréquent de penser que dans ce monde il n’y a pas de loi. Il est vrai que l’expérience, la tentative et les ratés y sont très nombreux. Est-ce à dire que le monde du numérique n’est pas encore mature ?

Pas tout à fait. Les choses sont déjà en place pour que nous puissions travailler avec sérieux et non plus bricoler, sans oublier ce que sont les cultures web : des pratiques hybrides basées sur le retour d’expériences nombreuses et novatrices.

Une grande stratégie pour un projet ambitieux.

Il est donc possible de mixer des cultures à la base très éloignées. La culture la plus éloignée des cultures web est très certainement celle de l’institution qui régit les musées, les archives, les lieux de culture ainsi que chaque structure ayant pour ambition de réaliser des projets d’ampleur.

Si on étudie ce que cette culture centralisée a apporté à nos institutions, il n’y a pas que de mauvaises choses ; certes, avec le temps elle ne permet plus tout à fait l’innovation dont le monde actuel a besoin, mais elle a donné des orientations communes, des règles de conservation utiles à la préservation de nos œuvres ou documents, une normalisation des pratiques… Cela ne vous rappelle rien ? Oui, c’est exactement le moment dans lequel se trouve le web ! Ce n’est donc pas ce système en lui-même qui est à jeter, mais seulement ce qu’il est devenu qu’il faut questionner.

Nous ne réinventerons pas toutes ces règles construites au fil des années – il nous faut donc les mixer avec celles qui font le web. Actuellement, le monde de la bibliothéconomie le sait et mixe les pratiques web de l’open data aux identités des bibliothèques, à leurs missions sanctuarisées. Il faut aussi noter toutes ces expériences dans les musées que sont des nouvelles formes de médiation numérique ; le Centre Pompidou en fait partie dès 2010 avec les livetwittes, regards des visiteurs invités de manière légitime à s’exprimer à travers des messages repostés par le compte Twitter de l’institution, mais il existe à présent d’autres formes encore plus intéressantes un peu partout en France et dans le monde.

La coexistence actuelle de ces deux formes d’organisation de projets, au-delà de donner des phrases à la mode du type « c’est un projet agile » doit également engendrer un mouvement de fond positif : il ne faut pas réinventer les règles mais les mixer en fonction des nouveaux usages. Pour cela, il existe le besoin de faire comprendre les enjeux du numérique à toute la structure institutionnelle, en faisant des comptes-rendus des activités et des conversations numériques. S’il est important de faire remonter, je crois qu’il est aussi nécessaire de « faire descendre » en quelque sorte ! Une méconnaissance totale des dispositifs et des raisons d’être de l’institution se répand en effet dans les milieux prônant la co-construction, figeant peu à peu l’image de l’institution vue comme un ennemi de la cause. A tort ! Ce que chacun veut, c’est la diffusion de la culture – seuls les moyens diffèrent. Il faut donc que la compréhension et mise en place de la démarche de digitalisation de l’entreprise soit étendue et faite de manière collaborative.

Car ces deux modèles permettent simplement deux choses très différentes : d’un côté un modèle structuré permet une vision plus globale et une harmonisation des pratiques collectives, quand de l’autre le modèle rhizomique permet d’articuler les actions de manière immanente. En France, justement, je voudrais citer deux projets qui s’opposent par leur conception du mixage entre ceux deux points de vue: « Musémoix » d’une part et « Fantasmons le Centre Pompidou » d’autre part.

« Fantasmons le Centre Pompidou » prend le temps long de l’institution comme une force réflexive. S’il manque de réactivité immédiate, il permet surtout d’enregistrer les évolutions profondes des pratiques culturelles qui mutent au contact des pratiques numériques. « Fantasmons le Centre Pompidou » est une série d’ateliers thématiques dans lesquels des membres d’horizons divers vont venir partager leur histoire professionnelle d’un domaine d’expertise : l’open data, l’e-publishing, les réseaux sociaux, la médiation, etc. Autant de domaines qui seront abordés avec un œil neuf lors de séances de brainstorming dont les synthèses serviront à mettre en place une veille technologique, des ateliers avec les agents du Centre Pompidou et devraient aboutir à la conception de projets au sein de l’institution, voire avec des incubateurs et des start up lorsque cela sera possible. Car toute la production de « Fantasmons le Centre Pompidou » sera ouverte et disponible hors de l’institution. De fait, il s’agit de mêler les pratiques du web (co-construction, ouverture, etc.) aux pratiques de l’institution (mise en place d’un projet sur le temps long pour qu’il s’inscrive profondément dans sa pratique).

Des petits projets pour une efficacité immédiate.

Sur un temps court, Muséomix est le reflet parfait de cet esprit participatif et non professionnel où les publics sont invités à repenser autrement leurs pratiques en fonctions des cultures très éloignées de celle de l’institution. Le positionnement idéologique n’est pas assumé, mais ma lecture en est la suivante : d’année en année, le projet de Muséomix n’est en fait pas de repenser l’institution, mais de la court-circuiter. Il met en place des dispositifs très courts que construisent une part des publics sélectionnés sur candidature, qui permettent potentiellement beaucoup d’inventivité : il s’agit donc au fond plus d’une expérience humaine que d’une réelle remise en cause de l’institution dans sa manière de fonctionner et son rapport aux cultures numériques. Les dispositifs pensés lors d’ateliers intensifs ne sont pas, par exemple, destinés à rester de manière pérenne dans l’institution qui accueille l’événement, même si un travail sur ce point est en cours. L’expérience ponctuelle prime donc.

Les projets de ce type permettent de faire un lien direct avec le public (faudrait-il encore que ce lien soit relayé dans l’institution voire que la distinction institution vs. public soient rendue inopérante !). La liberté d’action de ceux qui font les cultures numériques engendre un univers de possibles et de nouveautés important que dans certains cas peut même s’autofinancer grâce aux logiques de micro financements participatifs.

Il ne faut pas oublier cependant que tout ce qui se fait en dehors de l’institution mais à son contact va créer des tensions avec les métiers du musée : la médiation qui est mise en place au travers de ces projets va bouleverser les méthodes traditionnelles issues des politiques culturelles et des querelles esthétiques. Doit-on faire rempart à l’œuvre ou laisser les publics à son contact ? Doit-on expliquer, ou faire comprendre ? Doit-on créer avec les publics ou sanctuariser l’acte de production artistique ? Tant de questions que les cultures numériques, chantres du Do It Yourself et adeptes des écrans, ne se poseront pas. Pourtant, le fond du sujet est toujours le même : dire en mots simples ce que l’artiste veut faire passer dans un langage que les novices ne peuvent pas encore décrypter, donner des clefs d’un contexte qui dépasse les notions de culture général… bref, les contenus de médiations que les métiers traditionnels transmettaient avant sont les mêmes. Il semble nécessaire d’éviter la rupture médiationnelle qui semble à l’œuvre en accompagnant et en intégrant ses métiers aux nouvelles pratiques des cultures numériques.

On peut s’en rendre compte facilement : les communautés elles-mêmes se sont mises à produire les contenus. L’institution qui deviendrait alors médiatrice de contenus qu’elle assimilerait renforcerait son devenir média : la diffusion d’un côté pourrait se coupler à une pratique de qualification des publics permettant cette production collaborative de qualité. Au-delà de participer à la mutation des lieux de production de savoir, on peut voir cela d’un œil pragmatique : c’est une réponse aux manques structurels induits par la nouvelle économie de la culture. De plus, il ne faut pas oublier que ces projets collaboratifs immanents profitent d’un « effet start up » : s’ils sont une réussite, ils deviennent visibles tandis que s’ils sont un échec, ils se font vite oublier. Mais cette réussite doit être relayée jusqu’au sein de l’institution, ce qui nécessite (on y revient) une stratégie globale !

En conclusion et avant de vous narrer une petite histoire, j’aimerais synthétiser ce dernier point : la centralisation des projets va permettre des avancées politiques au sein de structures et de réseaux complexes. La rapidité de la mise en place d’un projet en souffrira. La décentralisation engendrera une production rapide mais amoindrira la qualité du projet tout en augmentant son lien avec les publics. On peut imaginer un couplage des deux systèmes en mode itératif qui est une possibilité de répondre aux enjeux de l’évolution du monde de la culture. Il faut les coupler avec une stratégie sur le long terme, sauf à vouloir bricoler au risque de s’essouffler.

 

Retrouvez bientôt la troisième et ultime partie. Pour être tenu au courant, vous pouvez suivre le hasthag #Véculture ou directement mon compte twitter @gonzagauthier

Faites entendre votre voix avec moi à l’AVICOM…

En octobre, je présenterai au colloque AVICOM à Montréal. Cette année, trois institutions françaises seront présentes : le musée du Louvre, le Château des ducs de Bretagne et le Centre Pompidou. Pourtant, la culture française se compose de tellement d’autres institutions, plus petites, dans ou hors de Paris, parfois extrêmement inventives, qui tentent des choses dans le domaine du numérique – on trouve aussi des expériences telles que Muséomix, dont je reparlerai bientôt. Elle se compose aussi de tout un réseau appelé museogeek, qui au quotidien écrit l’approche culturelle de demain.

C’est pourquoi j’ai décidé que ma tribune serait également la tribune de toutes ces personnes. Pour ce faire, je présenterai le point de vue de chacun via des QRcodes diffusés pendant ma présentation, qui donneront accès à une page de site mobile permettant de retrouver ces points de vue divers.

Pour composer cette page, je vous invite donc à réagir à la note d’intention que je reproduis ci-dessous. Faites-le de la manière la plus libre possible (réaction à ce que j’écris, nouvelle tribune, série de liens illustrant les propos ou les contredisant, etc.).
[PS : Merci C. Courtin pour avoir repéré mon erreur sur le nombre d’institutions françaises présentes]

Introduction :

Le domaine culturel français est façonné par des débats extrêmement structurants à propos de médiation et de démocratisation culturelle. A l’heure où son économie est en complète évolution, l’apparition des outils numériques ainsi que des cultures et pratiques Web permet d’aborder enfin ces questions en proposant des solutions innovantes autour de la réappropriation des contenus par les publics ; mais à quel prix?

Du point de vue de la grande institution pluridisciplinaire qu’est le Centre Pompidou – mais sans oublier la diversité des structures sur le sol français – , je tenterai de dresser un panorama rapide des besoins et contraintes que le numérique apporte aux pratiques professionnelles du domaine culturel. J’aborderai aussi les questions de la réception active par les publics : quelle décentralisation des échanges et du pouvoir lié au savoir? Quels modèles de création collaborative pour quels buts?

Note d’intention de la communication :

Mon intervention sera distribuée en trois parties de 5 minutes, permettant de prendre en compte trois angles de vue nécessaires à la bonne compréhension du phénomène numérique dans les musées français. En tant que membre d’un centre d’art, mon expérience permettra d’ailleurs de traiter de manière large de la façon dont les enjeux numériques prennent place dans les institutions culturelles françaises et non seulement les musées.

 

1) Permettre le re-empowerment.

L’histoire du musée commence avec la volonté révolutionnaire de créer un patrimoine culturel national, possession de tous les citoyens. Si le développement du domaine culturel a rendu cette utopie difficilement lisible à travers les siècles et même à l’aune d’une histoire de la muséographie et de la médiation, cet enjeu est de plus en plus vif à mesure que des mouvements théoriques justifient un aller-retour constant entre les phénomènes culturels et le quotidien des populations. On a pu constater combien le numérique facilite cet aller-retour.

L’apparition de ces enjeux constitue une période de transition importante que nous avons le devoir, en tant que professionnels du numérique d’institutions culturelles, d’accompagner et d’amplifier. J’aborderai la question de l’écosystème numérique en dressant un panorama rapide de l’état du numérique dans le domaine culturel institutionnel en France. Tout ceci aura pour but de montrer l’évolution que le numérique apporte à la question de démocratisation de la culture en France.

L’exemple que je traiterai alors sera celui de la mise en place de l’écosystème du Centre Pompidou Virtuel, autour d’une base de données exhaustive des ressources du Centre Pompidou et d’un espace personnel destiné à devenir une véritable plateforme de production collaborative et de personnalisation de la pratique numérique (et physique) des contenus. Les autres éléments du dispositif, qui créent la cohérence de l’expérience que le public aura de l’écosystème, seront traités au sein des deux parties suivantes.

2) Aider à la mise en place d’un agenda culturel.

L’apparition récente d’outils facilitant les tentatives participatives (réseaux sociaux, cloud computing, appareils mobiles, etc.) a créé une fracture médiative dans les pratiques institutionnelles. Même dans une institution comme le Centre Pompidou, qui a dès sa création cherché à mettre en place des politiques d’inclusion des publics dans les démarches artistiques (nouvelles formes de médiation basées par exemple sur les ateliers), on peut trouver deux postures très différentes.

La première s’inscrit en continuité des politiques culturelles qui, malgré une évolution dans les années 80, considèrent le rapport du public à l’art comme une découverte d’un monde étranger, basé sur la légitimité (présumée) de celui qui parle par rapport à celui qui écoute. Les partisans de cette approche utilisent relativement peu les outils cités ci-dessus et ont du mal à les aborder.

La seconde posture – qui conduit l’action numérique au Centre Pompidou – tire les enseignements de ces pratiques de médiation et opère un changement radical dans ses conceptions. De  nouveaux horizons d’attente des publics sont envisagés : en considérant ceux-ci comme des amateurs et en remplaçant la notion de légitimité par celle de savoir situé, il est alors possible de leur faire espérer un dialogue sensible et savant sur l’art.

Ainsi, cette deuxième posture permet de redistribuer le pouvoir symbolique habituellement attribué à l’institution culturelle et de renforcer l’agency des publics sur les politiques culturelles. Mais comment mettre en place et encourager cette nouvelle forme d’appropriation créatrice en conservant les missions liées à l’institution (conservation, diffusion, étude, etc.) ?

En traitant concrètement de l’approche pluridisciplinaire offerte aux publics, à travers l’évocation de quelques dispositifs, je tenterai ici de montrer qu’il semble possible de concevoir un rapport riche et complexe du public, de l’institution et des contenus, en respectant les enjeux ou missions liés à chacun des trois termes.

 

3) Repenser les perspectives de l’action culturelle.

Après avoir montré comment l’institution devait aider à l’émergence de nouvelles pratiques afin de les co-construire au regard de ses missions traditionnelles, il s’agira ici de se placer du côté des publics. Au travers d’exemples tirés des pratiques des publics du Centre Pompidou, je définirai ce que les pratiques nouvelles engendrent dans la création des contenus.

Comment la création collaborative peut-elle redessiner un savoir collectif ? Est-il différent du savoir institutionnel ? Est-il conditionné aux outils actuellement proposés ou est-il une construction immanente qui s’adapte en attendant que des dispositifs ad hoc soient créés ? Faut-il l’encourager ou est-il une force susceptible d’apparaître seule ?  Et dans quelles conditions ? Je questionnerai aussi bien les créations collaboratives, que les phénomènes de partage et de curation : la recommandation sociale concernant le e-commerce (que nous devons également considérer au regard de nos problématiques de ROI des investissements numériques) s’applique en effet aux contenus, créant une sorte de goût collectif des communautés agrégées autour de nos institutions.

D’autres formes d’action collaborative existent au-delà des contenus et du e-commerce : elles ont trait au financement direct, comme dans le cas du crowdfunding. Couplée à une capacité d’agir (agency) que l’institution pourrait renforcer, le crowdfunding pourrait à terme peser sur les perspectives de l’action culturelle de l’institution. Nous devrions nous demander dès maintenant, alors que nous structurons les habitudes sur les plateformes numériques, si celles-ci sont destinées à devenir des interfaces de pouvoir financier décentralisé. Le financement collaboratif sera-t-il dans le futur un financement sur lequel nous devrons compter, ou simplement une marque d’engagement fort ? Devons-nous agencer la production des contenus sur les modèles économiques nouveaux issus des impératifs numériques et des contraintes particulières du web de données (données brutes gratuites, licences nouvelles, éditorialisation payante, par exemple) ?

Ces questions permettront de repenser les perspectives de notre action culturelle sur le court, moyen et long terme, en développant des outils adéquats aux différentes missions données à ces plateformes numériques. Au travers des points de vues des professionnels, de l’institution et des publics, elles permettront de poser les bases d’une identification des publics dits experts ou amateurs, de définir les périmètres de leurs actions laissés libres par l’institution et ce que celle-ci devra leur mettre à disposition en terme d’outils et de contenus afin de remplir ses missions, traditionnelles ou nouvelles.

Google+ fait la manche ?

Google. Plus.

Deux mots qui ont fait couler beaucoup d’encre. Et qui pourraient à en faire couler longtemps. Ce n’est pas que je veuille prophétiser sa longue vie en m’opposant à nombre d’éditorialistes de la culture web, mais j’ai comme l’impression qu’au besoin Google le tiendra sous perfusion tant que nécessaire pour que la plateforme sociale devienne attrayante.

Cette semaine en effet, Google m’a ouvertement dragué avec quelques autres museogeeks. Le but était de proposer aux professionnels des musées que nous sommes d’investir la plateforme; au programme, nous devions découvrir les fonctionnalités de la plateforme et voir combien celle-ci était de toute évidence inévitable pour les institutions culturelles…

D’abord, on nous a vendu la puissance de google.

Je ne sais pas s’il est passionné par son sujet, mais en tout cas notre hôte avait envie de nous vendre son machin. Après nous avoir mis à disposition quelques ordinateurs google que personne n’a même daigné regarder, celui-ci a écourté le tour de table qui venait de commencer pour répondre au fil de l’eau aux demandes implicites de nos présentations. Ainsi, devinez quel argument massue nous a été ascéné, nous laissant k.o. et sans réplique possible face à l’évidence longtemps tenue éloignée de nos esprits endormis?  Eh bien : Google plus, c’est un outil de Google.

Face à une telle puissance argumentative, déclinée au fil de quelques exemples de la galaxie Google qui ont réussi, j’étais déjà consterné. Car, en nous présentant les quelques fonctions qui pourraient nous intéresser, on se rendait bien compte qu’au-delà de ce qui existe déjà et fait la qualité de Google, il n’y avait pas grand chose à voir.

Certes, les bulles – ces conférences vidéo proposées à ses cercles – vont connaître une évolution qui va en rendre l’usage plus simple… Mais au-delà? Avoir un Skype plus ne va pas me donner envie de dépenser du temps et de l’argent sur Google plus, même s’il fonctionne via le navigateur et permet de leurrer tous les firewall cimentés à l’acier plombé par les DSIT de nos institutions. Certes les conférences vidéos streamées en direct vont pouvoir être basculées automatiquement sur YouTube… Mais après?  Quelques évolutions qui aideront à coup sûr à la production d’un contenu directement sur la plate-forme. On le sait, dans la plupart des cas le contenu y restera, sans valorisation. De plus, je doute de la réelle qualité de celui-ci, dans la mesure où ces outils visent plutôt à l’instantané.

Ensuite, on nous a dit qu’on allait tous disparaître…

Quelque chose qui tient du secret de polichinelle a cependant relevé un peu la teneur de la présentation : l’activité de ses cercles sur Google plus va impacter les résultats de recherche de Google. On l’attendait, voilà qui sera fait dans peu de temps. Un résultat plussé sera bientôt visible en haut de la liste, et non pas simplement mis en exergue en restant à sa place.

En tant que museogeek et fervent partisan de l’ouverture du Web, je crains l’impact de cette nouvelle. Serons-nous bientôt tous contraints à vivre dans un univers clos où nos amis seront les seuls prescripteurs de nos goûts, de nos savoirs et de nos découvertes?  Allons-nous vivre bientôt un scénario digne des meilleures (ou des pires) romans d’anticipation où ce ne sera plus l’information et les contenus qui seront la clef du savoir, mais tout simplement son accès, la capacité à sortir du prémaché?! Vivrons-nous bientôt une expérience darwinienne teintée de bourdivisme, qui verra les contenus culturels se reproduire en cercles fermés jusqu’à l’épuisement, sorte de drame beckettien grandeur nature ?

En tant que professionnel du numérique à qui l’on peut demander d’augmenter le trafic du site, j’y vois un intérêt certain: une façon d’aller bien au-delà de la notion de recommandation sociale et d’invisibiliser la concurrence. Car, n’est-ce pas là aussi un risque fort pour les plus petites structures, que de disparaître face aux mastodontes du secteurs qui seront capables de mobiliser des moyens et du temps sur Google+ afin de valoriser leurs contenus au sein de ce qui représente, faut-il l’avouer, la plus puissante plateforme de curation  au monde? Il ne faut pas l’oublier, les premiers résultats de Google sont les résultats qui font loi pour une écrasante majorité des internautes.

J’avoue être assez contre cette idée dans la mesure où elle est un vrai danger pour la pluralité culturelle et la survie de l’accès à des contenus plus confidentiels. Très vite, nous verrons apparaître des castes capables d’utiliser les outils du Web et d’élargir leur savoir face à un grand public qui n’aura à sa disposition que du pré mâché. Une situation identique à celle qui a fait du formidable outil qu’était la télé une grande déception culturelle.

Le monde entier était contre nous….

C’est donc au chevet d’un mourant très combatif que nous avions été invités à petit-déjeuner. Un mourant membre d’une grande famille prête à le soutenir, une famille puissante qui a dû s’élever dans la société et imposer ses vues basées sur des constats intelligents et des stratégies en adéquation avec le quotidien et les aspirations des internautes.

Le mourant a donc un plan, et celui-ci passe par le contenu. Ou plus exactement, l’utilisation d’un contenu toujours plus abondant et qui vient des autres.

A plusieurs égards, on peut sentir que la stratégie de Google est très offensive en France. Et elle l’est particulièrement pour les musées. Le Google Art Project en est le premier avatar, dont on voit les premiers effets : une remise en cause profonde de la force collective des institutions. Non que cette force existât vraiment, mais au moins n’est-il plus possible de se leurrer: lorsqu’une entreprise vient dans les musées prendre les contenus et les diffuser pour elle-même sur sa plateforme, l’institution culturelle n’est pas capable de résister. Faute de quoi?

Peut-être d’une puissance économique crédible, basée sur autre chose que le fantasme de la collection inaliénable dont la beauté et la grandeur résistera à tout. L’un des patrimoines qui avait en Europe été auparavant attaqué avec une plus grande vigueur encore était celui du livre. Or, la résistance n’a pas seulement été à l’ampleur des enjeux, elle a été du niveau de l’économie à protéger – ou plus exactement des volontés politiques qui s’y sont toujours exprimées. Peut-être même avec d’autant plus de force que cette industrie était alors en retard sur son tournant numérique au moment où l’on pleurait celui manqué de la musique.

Le monde des musées prendra-t-il enfin conscience que l’un des plus grands enjeux qui se présente à lui, c’est non pas d’augmenter le nombre ou la qualité de ses contenus – c’est inscrit dans son code source, il ne peut en être autrement – mais bien de diversifier la façon d’y accéder.

A l’heure où l’Etat encourage la diffusion libre des données, l’institution culturelle a besoin de penser des écosystèmes plus complexes qui lui permettent à la fois de mettre à disposition gratuitement son fonds – j’englobe les données et les contenus dans cette notion -, mais également de proposer des expériences nouvelles.

On a la chance que le coup d’essai, transformé en coup de maître de Google, soit basé sur une technologie relativement dépassée en terme de pluvalue bien qu’encore plébiscitée par les publics. Qu’en sera-t-il lorsque Google proposera des expériences vraiment enrichissantes de nos contenus, mais à son seul profit?

…et nous avons répondu: « cause toujours ».

Il faut utiliser la force de Google, et notamment les aspects novateurs de Google+. Il ne faut pas les rejeter car ils peuvent être de véritables moteurs de notre médiation et de l’élargissement de nos publics, même si j’ai exposé ici des réserves fortes.

Mais justement, il ne faut pas que nous nous montrions faibles devant Google. Nous avons une force collective qui ne demande qu’à s’exprimer. Nous avons la puissance d’un modèle économique en gestation qui ne demande qu’à être incubé pour éclore. Ne laissons pas Google maîtriser ce modèle, déportant les revenus qui nous sont nécessaires à la réalisation de nos autres missions.

Ce jour-là, nous n’avons donc pas cédé aux appels de Google+, et nous avons engagé la conversation sur le terrain de nos intérêts propres.

Le fait que les personnes que nous avons rencontrées ne sachent plus totalement si elles nous avaient invités en tant que représentants de nos institutions ou représentants de nous-même montre bien combien Google a besoin des contenus que notre communauté professionnelle peut créer, de manière individuelle, collective ou institutionnelle. Ils ont un besoin dont nous avons la clef, mais nous avons aussi des envies d’équité dans le développement des outils et la répartition de leurs retombées. Ne fléchissons pas et imposons un échange, plutôt que de nous laisser dépouiller comme nous l’avons trop souvent fait, ravis que nos contenus se diffusent. Nous pouvons les faire se diffuser tout en ayant leur maîtrise commerciale – et donc le choix du modèle d’économie culturelle que nous voulons.

Ce que m’a appris la semaine…

… C’est que le Web offre toujours, à un moment ou un autre, le projet qu’on attend. Ainsi, Wikimédia France à annoncé l’ouverture de son DBpedia à la française (SemanticPedia), permettant ainsi au monde francophone d’espérer dans les prochains mois un saut qualitatifs autant que quantitif des projets sémantiques autour de données libres. Peut-être cette annonce pourra-t-elle avoir un impact sur certains des projets du Centre Pompidou d’ailleurs?! À n’en pas douter, j’aurai l’occasion d’en reparler.

Mais cette semaine, c’est d’une expérience un peu particulière dont je voudrais parler. Peut-on la qualifier d’exceptionnelle?  J’espère que non ; peut-être de prototype ?!
Il s’agit de la première rencontré entre « influenceurs » qui a eu lieu au Centre Pompidou. Ce n’est pas une rencontre isolée puisqu’elle s’inscrit dans la démarche de co-construction si chère aux membres du Service Multimédia. Ce qui la rend si importante à mes yeux, c’est aussi qu’elle marque une volonté forte de l’institution et de ses représentants d’entrer de plain pied dans les cultures du Web.

Pourquoi une telle affirmation?  Cela tient déjà des quelques occasions manquées qui ont précédées celle-ci. Je me souviens par exemple d’un pilotage depuis l’extérieur d’une rencontre qui finalement n’avait pas eu lieu : je reste persuadé que fussent-ils fondés, tous les conseils du monde ne peuvent remplacer une démarche immanente. Car une institution comme la nôtre est plus qu’ailleurs encore mue par ses propres dynamiques. Mais ce sera assurément le sujet d’une autre chronique.
Cette affirmation, donc, je la tiens aussi de ce que j’ai pu observer pendant le petit déjeuner. Et ces observations méritent à elles seules qu’on s’y attarde un peu.

À quelques pas de la grande loge où se tenait notre petit déjeuner, les agents du Centre démontaient le studio de Guy Maddin où pendant le Nouveau festival ont été tournés 10 scénarios « perdus » devant les yeux du public. Est-ce le onzième qui s’est joué devant moi, un scénario que je n’avais pas imaginé?
Globalement, les acteurs étaient assez proches de ce que j’avais pu penser en organisant la rencontre. Avec l’équipe, comme toujours, nous avions veillé à l’équilibre des rôles afin qu’aucun ne se sente seul et puisse dialoguer, pour respecter la complémentarité des points de vue et des expertises. Une partie de l’équipe était là (il ne fallait pas donner l’impression d’être supérieurs en nombre) et la directrice de la communication avait souhaité être présente.
J’imaginais assez bien chacun grignoter une viennoiserie et, un verre de café à la main, palabrer sur sa vision du Web et la conformité à celle-ci de nos projets numériques dont nous aurions distillé des éléments au fil de la conversation. Mais en réalité, l’assemblée était peut-être moins à l’aise et a investi les fauteuils de la salle avant que notre directrice ne prenne la parole.

Nous voulions montrer comment notre projet s’inscrivait dans la lignée de l’esprit du Centre Pompidou. Je crois que cette idée à été bien comprise àla suite de l’intervention de notre directrice (je reviendrai sur le contenu même de ce petit déjeuner dans un autre article). Cette prise de parole était classique, et même si j’ai eu peur du ton qu’elle pourrait donner à la rencontre, il s’est avéré qu’elle fut fort utile et qu’elle a réellement permis de structurer les débats qui ont suivi.
Mais nous voulions avant tout échanger et comprendre comment notre projet, nos orientations futures, étaient perçues avec un regard extérieur. Nous nourrir de ces approches dégagées de toutes contingences internes pour toucher du doigt l’absolu (je plaisante)… Plus sérieusement, pour revenir concrètement aux lignes de forces qui guident notre réflexion. C’est pourquoi nous avons ensuite discuté sur un mode plus informel, en mobilisant d’abord ceux qui étaient proches du Centre, puis en élargissant très vite les thèmes. Les participants sont très vite entrés dans la conversation et si nous n’avons pas été étonnés de ce qui a été dit, nous avons renforcé nos convictions et entrevu de nouvelles façons de percevoir notre propre action.

Ce qui m’a le plus plu, le plus étonné dans cette rencontre, pour parler vrai, c’est que notre institution soit capable à travers les volontés individuelles de ceux qui y travaillent, quel que soit leur poste ou leur fonction, de s’adapter à l’esprit du Web. La chose n’est pas facile, et même si indirectement j’ai alors été moqué par un camarade, je continue comme lors de la Social Média Week parisienne d’affirmer que le Web n’est toujours pas compris par les institutions culturelles car elles ont seulement acquis le fait qu’il leur fallait un site internet, sans même en savoir quoi faire – une différence notable avec les administrations, qui y ont au moins trouvé une fonction de réduction des coûts.

Suis-je trop corporate si je dis ça ? Je pense cependant sincérement que notre institution a depuis quelques années déjà posé les bases. Elle s’est dotée de moyens pour les rendre concrètes. Vient maintenant le temps pour chacun de faire entrer ce concret dans sa pratique. Nous avons tout fait dans la structure de nos projets numériques pour que la transition se fasse en douceur, que l’outil numérique ne soit pas une contrainte supplémentaire. Il faut en effet faciliter la transition vers le numérique à la mesure de l’enjeu de celle-ci : le changement complet de pouvoir qu’il engendre, la destitution de l’institution de son rôle de prescripteur. C’est cela qui est compris, et qui peut faire peur – je le comprends, au-delà même de ceux qui simplement voudraient garder simplement les attribus de leur pouvoir.

Mais ce qui se joue au Centre Pompidou, c’est justement la prise en main par tous les corps de métier, à la tête comme à la base, de ces enjeux dans le respect des philosphiesdu Web. Si notre directrice de la communication voulait être présente, c’était bien pour prendre la mesure de ce qui est nouveau et révolutionnaire dans la démarche numérique du Centre. Il semble normal que notre équipe numérique elle-même soit capable de jauger ces changements et leur impact – quoi que certaines équipes sont encore à la recherche d’une image numérique plutôt que d’une pratique. Il faut noter dans notre histoire, et cela trouve son intérêt dans les structures fortement hiérarchisées, qu’une impulsion est venue d’en haut. Mais ensuite, ce sont bien les projets, rendus concrets au fil du temps, qui ont fait frissonner le corps de notre institution.
En construisant avec chacun les chaînes d’alimentation, en élaborant les projets dans l’échange, l’envie de connaître s’est répandue depuis la base jusqu’à la tête des équipes. En deux ans, l’envie du numérique à remplacé la peur du changement.
Ce petit déjeuner, c’est un nouvel acte de cette pièce. Il n’y a ni destin ni tragique, ni scénario préétabli : il n’y a qu’un travail où, à tout niveau, il ne faut pas se croire maître de son outil mais acteur de l’histoire qu’il va permettre de raconter, ensemble. Les enjeux que porte le numérique sont déjà des enjeux internes, qui dépassent de loin les questions économiques mais interrogent fortement les rapports disciplinaires et hiérarchiques.

Bon, il y a quand même des compétences techniques qu’on ne peut pas remplacer. Là preuve: cette semaine j’ai appris ce qu’était un « nas » !
Et la semaine prochaine? J’ai comme l’impression qu’elle sera baignée de préoccupations éminemment matérialistes… Je vous dirai si c’est le cas!

Ce que m’a appris la semaine…

… C’est que Facebook allait imposer sur un temps très court un changement profond de l’apparence de ses pages fan. Une façon de faire qui se radicalise un peu plus par rapport à ses anciennes pratiques et qui montre peut-être un peu de fébrilité face aux gages nécessaires à donner pour maintenir son écosystème.

Mais ce que m’a aussi apporté la semaine, c’est une bonne dose d’adrénaline. Autour de deux projets actuels principalement, nous avons été confrontés au besoin de faire vite et bien, notamment pour organiser un concours dans le cadre du nouveau festival du Centre Pompidou. Virtuel ? Notre activité s’est retrouvée pourtant confrontée à des contraintes bien physiques (lieu, temps…) et a mis à rude épreuve une organisation que nous rodons à peine.
Car dans ces cas là, il est inestimable de pouvoir compter sur une équipe efficace. Lorsqu’on a une équipe avec soi, la différence se fait nettement sentir car, tout à coup, les choses se font. Ma frustration d’avoir longtemps été seul, sans relais de mon action, à vite été effacée par le plaisir d’un travail commun, basé sur une grande flexibilité d’esprit et des routines de travail qui permettent d’avancer efficacement en construisant de la nouveauté.

Notre méthode consiste tout d’abord, à aller chercher ce que nous appelons très mal à propos les influenceurs. Car en effet, le but est de pouvoir prévenir une série ciblée de personnes qui pourront être intéressées ou se faire le relais de l’événement qu’on propose. Mais justement, notre angle n’est pas tellement l’influence, même si c’est un facteur qui rentre en ligne de compte, que la qualité des contenus que produisent ces personnes.
Il nous manque encore pas mal d’outils, et il est difficile de panacher entre influence et qualité, mais nous nous y essayons et modifions de manière empirique nos approches selon les cas. Ce travail de reconnaissance, c’est celui que mène Aurore, principalement. Il est essentiel car il est à la base de l’échange qui doit se produire sur les réseaux sociaux.

Vient ensuite la mise en place des éléments plus concrets.
Nous avons pour le jeu concours utilisé des grands classiques et mis en place un pool sur Flickr. Tout ne nous a pas convaincu dans l’utilisation de cette plateforme – notamment Thomas, qui est plus en charge de cette partie. Mais je pensais qu’il était essentiel dans le cadre qui est le nôtre de reprendre des dispositifs communs, des dispositifs traditionnels qui auraient permis aux internautes de s’y retrouver. Le concours photo, c’est Flickr ou rien, non?

J’avoue que cette démarche est un peu contraire à ma position habituelle : diversifier les plateformes, ne pas proposer ce qui est proposé partout ailleurs (ou en tout cas « pas que »).
Mais le contexte était ici particulier. En effet, en nous basant sur les groupes d’influenceurs que nous avions cibles, sur le temps et les contraintes précises de cette activité dans le cadre du Nouveau festival, nous avions fait le choix de perturber le rythme habituel de ces concours photo et de proposer un temps ultra court. Il nous fallait être dans la continuité des autres concours photo, mais aussi dans l’esprit du Centre Pompidou, où la prise de photographie est autorisée partout a priori, sauf dans les espaces signalés (souvent à la demande des artistes ou des ayants-droits qui y sont exposés). Le jeu concours photo était une bonne idée! Mais elle est arrivée un peu tard.
Il nous restait donc le choix de mettre un maximum d’effets sur un événement, de proposer à des gens de venir physiquement nous rencontrer, en essayant de mettre en place des visites avec les médiateurs à cette occasion spéciale, etc. Des choses plus efficaces auprès d’une communauté acquise que de nouveaux groupes.
Tout était en place, avec une grande efficacité.

Et là… je me suis refusé à ne pas faire participer à cette organisation tous ceux qui auraient dû en faire partie dans le cadre d’un fonctionnement normal (à force de faire autrement, l’institution détruit l’efficacité qu’elle peut avoir). Mais certains corps de métier n’ont pas vocation, de manière structurelle, à travailler sur le temps court. Ainsi, les complexité des droits de reproduction des oeuvres ont entraîné des craintes qu’il aurait fallu rassurer par un long travail de balisage juridique et par des prises de positions hiérarchiques qui n’ont pas encore eu l’occasion d’être explicites. Ce manque de temps à empêché le concours de se réaliser et nous avons communiqué sur le fait que le concours était annulé dans le cadre du Nouveau festival et que nous en proposerions un autre prochainement.

Ce cas d’école tend à montrer qu’il est impossible de mettre en place une stratégie sociale sans une vraie équipe, dont chaque membre porte un aspect essentiel. Le travail de Community management ne peut pas être un travail solitaire car il nécessite de faire appel à de nombreuses expertises différentes qu’il faut regrouper et organiser. Souvent, ce travail est réalisé en bout de chaîne. Peut-être est-ce un biais de l’organisation interne au Centre Pompidou, mais le fait que le Community management ait longtemps été réalisé par la même personne que le webmastering à renforcé l’idée fausse qu’il s’agit d’un simple média fonctionnant sur le modèle de la seringue hypodermique : un contenu poussé dans un média entraînant forcément une réaction d’adhésion. S’il est déjà parfois difficile d’avoir ces contenus, être inclus dans la chaîne de production relève du défi (là encore, est-ce un biais, car nous ne sommes pas producteurs ?).

Cette semaine fut donc celle de l’apprentissage du Community management de crise – d’autant que j’aurais sûrement l’occasion de revenir sur les autres éléments de la semaine qui occuperont les prochaines également!